vendredi 30 janvier 2015

Hervé GIRAUD : Le jour où on a retrouvé le soldat Botillon

Deux histoires en parallèle. Le soldat Botillon a 20 ans en 1914. Il est mobilisé, sur le Front. Nous suivons son quotidien dans les tranchées et découvrons qu'il a laissé, à l'arrière, sa jeune épouse enceinte. L'autre histoire se passe de nos jours, une famille est réunie pour fêter les 100 ans de son aïeule. L'arrière-arrière petit fils et sa jumelle s'ennuient ferme. Ils écoutent leur ancêtre radoter, fouillent un peu dans ses affaires et jouent à la guerre avec les voisins.

Les deux histoires peu à peu se rapprochent. Botillon, c'est le père de la grand-mère, un soldat disparu. Il va réapparaître au cours de la fête... Une belle écriture : réaliste et sensible pour décrire la noirceur et le quotidien des tranchées mais aussi des enfants impertinents, qui s'ennuient, jugent les adultes, chahutent, se prennent au jeu. La vie quoi ! Même si la mort est toujours proche. VA

lundi 5 janvier 2015

Ransom RIGGS et Cassandra JEAN : Miss Peregrine et les enfants particuliers

Adaptation en BD du roman par son auteur. Jonas part sur les traces de son grand-père mort assassiné sous ses yeux par une créature maléfique. Il explore le passé de son aïeul : un pensionnat sur une île, peuplé d'enfants étranges. Tous ont fui la guerre et d'étranges forces du mal.
Sur place, Jonas découvre le pensionnat abandonné. L'endroit a mauvaise réputation. Assez vite, il entre en communication avec les anciens habitants et découvre les dangers qui les menacent.
Des photos anciennes montrent des enfants aux pouvoirs étonnants  : des corps déformés, invisibles, nains à la force herculéenne, siamois... Une petite communauté menacée qui se protège en vivant à l'écart du monde. Entre horreur, nostalgie, histoire, fantastique, amour. Des dessins et un découpage proches des mangas. Le plus souvent en noir et blanc. A lire en attendant l'adaptation ciné de Tim Burton en mars 2016. VA

Florence THINARD : Cavalcades

Le centre équestre du Clos Vert est en perdition, le vieil Amédée et sa femme ne parviennent plus à faire face aux factures et à la concurrence. Peu à peu les cavaliers ont déserté le centre pour s'inscrire chez les voisins, un club « moderne » au directeur ambitieux. Pour se renflouer, Amédée accepte d'héberger pour les vacances quatre adolescents en difficultés et leur éducatrice. Tous viennent de la ville, ils ont déjà eu des démélés avec la justice. A ce groupe s'ajoute Félix, le petit fils, cavalier émérite qui passe toutes ses vacances au club. Au contact des chevaux et du monde de la campagne, les enfants vont se révéler à eux-mêmes et aux autres. Ils vont tout mettre en œuvre pour sauver le centre.
Pour les passionnés d'équitation : les chevaux, leur caractère, les sports équestres, la relation cavalier/monture. La transformation des jeunes est intéressante à suivre. L'histoire se double d'une intrigue policière : comment contrer les malversations du club adverse ? VA

jeudi 18 décembre 2014

Lois LOWRY - Le fils


Vingt ans après la publication du Passeur, dix ans après celle de l'Elue et de Messager, nous retrouvons ces sociétés et leurs habitants. Cette fois, l'histoire suit les pas de Claire  programmée pour devenir mère porteuse. Après un accouchement difficile, on lui retire son produit, un fils, confié à un centre nourricier. A un an, l'enfant sera attribué à un couple chargé de son éducation. Claire est « recyclée », elle travaille désormais dans une usine. Elle n'arrive pas à oublier son fils et fera tout pour se rapprocher de lui. L'enfant n'est pas comme les autres, incapable de faire ses nuits, il n'est pas retenu pour l'adoption et risque d'être « élargi »... Grâce à des complicités, la mère et le fils réussissent à fuir. Il leur faudra encore bien des années pour se retrouver.


Le chemin de Claire passe par trois communautés, trois parties du roman. Elle est issue de la société du Passeur, celle de Jonas, aseptisée, où tout est programmé, où les émotions sont interdites. Dans sa fuite, elle échoue dans une communauté qui vit à l'écart du monde en bord de mer et au pied d'une falaise infranchissable. Puis, elle atteint Le Village au cœur de La Forêt, un havre de paix et de bienveillance menacé par Commissaire troqueur.

Lowry excelle dans la description de chacun de ces mondes. Claire est une héroïne courageuse, forte de son amour pour son fils. C'est un plaisir de voyager en territoire connu et de retrouver ces personnages aux destins hors du commun.VA

mardi 16 décembre 2014

Jean-Côme NOGUES : Au bout des longues neiges

1846, en Irlande la famine sévit. Les plus téméraires s'expatrient et vont peupler les Etats Unis et le Canada. C'est le cas de la famille O'Connell, que nous suivons : traversée de l'Atlantique, escale et quarantaine dans l'estuaire du Saint Laurent où une concession leur est accordée. La famille s'enfonce alors dans les terres et s'installe dans une nature sauvage où tout est à faire.
Finnian O'Connell, 12 ans est le fils le plus jeune de la famille. C'est lui que nous suivons le plus souvent : dans ses relations avec les autres migrants, un trappeur solitaire, les Indiens, Plume-Noire, un jeune Indien sourd-muet qui l'accompagnera dans sa découverte du pays. Un parfum d'ailleurs et d'aventure. VA

lundi 1 décembre 2014

Brigitte PESKINE : Les jumeaux de l'île rouge

Cléa et Brice sont jumeaux. Ils sont nés à Madagascar et ont été adoptés peu après leur naissance par des parents français. Ils ont maintenant 16 ans. Si tout va bien pour Brice qui poursuit ses études, Cléa, elle, se marginalise : mauvaises fréquentations, fugues, internat, échec scolaire. En désespoir de cause, les parents décident d'envoyer les jumeaux à Madagacar pour les vacances.
Lettres, mails, extraits de journaux ou d'exposés retracent ce retour aux sources. Le frère et la soeur découvrent leurs racines, la culture et le sort fait aux jumeaux dans certaines parties de l'île. Une narration originale, et des surprises, parfois difficiles à suivre.VA

Maud LETHIELLEUX : Tout près le bout du monde

Dans une maison isolée, au bout du monde, Marlène accueille des ados à la dérive. Leur projet « pédagogique » : retaper une grange et retrouver le goût de vivre. Les travaux en commun, le partage des tâches quotidiennes et l'écriture occupent leurs journées.
De septembre à Noël, nous suivons les occupants de la maison à travers leurs pages d'écriture quotidienne, chacun son style. Peu à peu, nous apprenons à les connaître : Malo, le plus jeune, retiré à la garde de sa mère trop maquillée ; Jul, anorexique qui écrit à un amoureux perdu ; Solam, le révolté. A travers leurs écrits se dessine aussi le portrait de leur éducatrice, Marlène. Au fil des semaines, ils vont s'apprivoiser, évoluer, reprendre le cours de la vie. VA